Dans Le journal le Monde, Luc Besson défendait il n’y a pas si longtemps la loi HADOPI, tout en essayant de l’étendre au streaming : "Le visionnage gratuit et illicite de contenus cinématographiques s’effectue sur des sites de téléchargement et de streaming (écoute en direct) très facilement accessibles sur la Toile". Une faille dans la loi qu’entend bien combler Luc Besson, en s’en prenant aux prestataires et aux intermédiaires.

Pour le film Home, il mange son chapeau avec délectation. En s’appuyant sur la journée de l’écologie, il enfreint (avec accord gouvernemental) la chronologie de la distribution, en projetant son film partout où l’on peut lire une image “gratuite”. Home et Europacorp créent ainsi un énorme coup de tonnerre médiatique...Pour la bonne cause planétaire.

Après avoir mis des bâtons dans les roues des anti-HADOPI et des révolutionnaires numériques (joke), le patron d’Europacorp, se rend compte qu’il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain, mais au contraire utiliser les nouvelles technologies et la rapidité qu’elle entraîne pour prendre à contre pied les “pirates” en mettant à disposition les films sur la toile avant eux et au profit des auteurs.

Pour Home se sera Google ou Youtube qui diffuseront le film en streaming, et on serait bien candide, si chacun ne cherchait pas une façon de gagner de l’argent avec cette opération “laboratoire”.

Luc Besson, le tueur de pirates vaguement anti-streaming donne paradoxalement l’exemple de la distribution du futur. Casser la chronologie, être rapide dans la distribution sur tous les fronts et mettre à disposition sur une période courte les médias gratuitement en ligne, enfin, profiter de ce public pour vendre des services après la période “freemium” terminée.

Home gratuit aujourd’hui 5 Juin, va après coup, vivre une belle période d’exploitation commerciale profitant de cette communication gratuite, qui est un des poste budgétaire les plus gourmands dans le lancement d'un film.

Reste à modifier la loi qui interdit ce genre de pratique en France, et on sait que notre législateur en matière de numérique n’est pas très libéral. Luc Besson nous ouvre la porte, certains trouveront cela gonflés, mais le personnage n’en ait pas à une contradiction près.